ICI ON RIGOLE
Julia Vidit,
QUE VOUS FRÉQUENTIEZ LE THÉÂTRE OU PAS,
LE THÉÂTRE EST UN RISQUE À PRENDRE !
C’est comme un tour de manège, un match ou une balade en forêt : il est difficile de savoir à l’avance ce qu’il se passera, mais il se passera quelque chose, c’est sûr. En venant au théâtre, vous risquez une expérience réelle, vivante, sensible et collective. Le théâtre ne nous laisse pas indifférent·e·s, il nous transforme.
Dans vos mains, la nouvelle brochure : elle dévoile toute la saison 25/26 ou presque. Avec le collectif de graphistes Fortuno Busca, nous avons fait évoluer les images, les couleurs, les formes et ajouté des mots pour afficher l’urgence de créer et de nous rassembler. Cette saison se découpe en 2 actes, de septembre à décembre puis de janvier à juin, comme pour rythmer le temps qui passe.
Pour les trois années à venir, j’associe de nouveaux artistes que le théâtre accompagnera dans leurs recherches et leurs créations. Anne Barbot, Maryse Estier, Geoffrey Rouge-Carrassat et Camille Perrin vous surprendront : ils ont tous en commun de faire des spectacles généreux et d’ouvrir un monde singulier. Quant à moi, je me lance dans un nouveau cycle de créations autour de la comédie satirique qui commencera dès l’automne. Au fil des mois, nous inviterons les publics à découvrir nos processus de travail et notre pratique ; nous vous transmettrons notre goût pour le théâtre en habitant cette maison de création nancéienne.
Aujourd’hui s’ouvrent les actes 9 et 10 : bientôt 5 ans que je suis la capitaine de ce théâtre public qui, malgré la tempête, tient le cap et s’ouvre au plus grand nombre.
SOYEZ LES BIENVENU·E·S ICI ON RIGOLE !
Bien souvent le « on » c’est nous. ICI NOUS RIGOLONS. NOUS, c’est un groupe, une communauté mouvante.
En 25/26, au Théâtre de la Manufacture, que ce soit ceux et celles qui le fréquentent, celles et ceux qui y travaillent, celles et ceux qui n’y viennent pas encore, on a bien envie de RIRE.
RIRE À GORGE DÉPLOYÉE.
Puisque nous ne savons pas de quoi nos lendemains seront faits, autant rigoler, s’offrir des fous rires sonores, des éclats timides, des rictus jusqu’aux oreilles. Et s’assoir à côté de Jeanne qui rit.
Au Théâtre de la Manufacture :
On rit de nous voir vivant·e·s !
On rit de se retrouver à plusieurs, comme les rescapé·e·s d’une société brinquebalante.
On rit de ce monde qui coule et nous fait couler.
On rit de se reconnaître dans les personnages qui nous représentent, dans les acteurs et les actrices qui se jouent de nous.
On rit de voir mourir ceux qu’on voudrait vraiment tuer. Plutôt que de rester sans voix, on préfère rire de nos travers et de nos défauts, de ceux de nos ami·e·s, de nos familles, de nos ennemi·e·s.
On rit de tous les systèmes : ceux qui nous portent et ceux qui nous empêchent.
On rit de l’injustice sociale et de la violence.
On rit de nos drames, de nos chutes, de nos ratages, on rêve d’un monde qui fêterait nos échecs et accueillerait nos réussites.
On se moque ouvertement ou insidieusement de la bêtise humaine.
Tantôt, c’est un rire clair, innocent ; tantôt, il est un peu nerveux, un peu
jaune. Parfois on pleure tellement on rit. Et parfois, on se bidonne pour ne pas
pleurer. Ici, on joue à être déstabilisé·e·s. C’est le rire, sans doute, qui rééquilibre le vide, la colère, le doute, l’absence, l’impuissance.
Venez, plus on est de folles, plus on rit !
Ça fait tout drôle de venir au théâtre.